Korshi Dosoo, LabEx RESMED

Famille de langue et particularités linguistiques

« Copte » (t-mnt-rm-n-kēme, « égyptien », littéralement « la catégorie abstraite associée avec le peuple d’Égypte ») est le mot utilisé pour désigner la dernière étape de la langue égyptienne.

L’égyptien fait partie de la branche linguistique afro-asiatique (anciennement « chamito-sémitique »), aux côtés des familles de langues tchadique, sémitique, kouchitique et berbère ; souvent, la famille des langues omotiques y est également incluse, mais non sans controverses.

L’égyptien est considéré comme le seul membre de sa propre famille de langue car il affiche des similitudes avec plusieurs autres familles, sa relation avec les autres membres de sa branche linguistique étant controversée (Loprieno 1995).

L’égyptien est généralement divisé en deux grandes phases: l’égyptien de la première phase, (composé de l’Ancien et du Moyen-égyptien) et, plus tard, l’égyptien de deuxième phase (composé de néo-égyptien, démotique et copte). L’égyptien tardif se caractérise par ses plus grandes tendances analytiques, par opposition à la morphologie plus synthétique de égyptien ancien, bien que le copte marque un retour à une morphologie plus synthétique, ce qui fait de l’égyptien l'exemple le plus connu du cycle de l’hypothétique synthèse-analyse-synthèse ou biosynthèse, hypothèse émise comme un phénomène de langage universel (Haspelmath 2014).

Le copte se distingue également des formes plus anciennes de l’égyptien par la forte proportion de mots importés du grec : environ 5 000 termes, selon l'estimation de Grossman (2014), ou 40% du vocabulaire total selon celle de Kasser (1991). Le nombre de mots grecs importés dans les un texte donné peut varier énormément, de peut-être 4% ou moins à 71% dans certains textes exceptionnels, 20% étant la norme (Kasser 1991).

Les mots empruntés appartiennent à presque toutes les catégories grammaticales - substantifs, adjectifs, verbes, adverbes, conjonctions, interjections, prépositions et particules de discours. Parfois, ces mots peuvent être intégrés dans la morphologie copte, par exemple, le mot grec epistole (« lettre ») donne, au pluriel, en copte : epistolooue, et la préposition grecque para (« à côté, plus que, contrairement à ») est adapté en copte à la forme pré-pronominale pararo- (Grossman 2014 ).

La raison d’une telle importance de ces emprunts est sans aucun doute due à l’existence du grec comme langue du gouvernement et de l'administration en Égypte durant les périodes ptolémaïque, romaine et les débuts de l’époque islamique. Plus important encore, son statut de véhicule de nouveaux concepts importants - notamment ceux du christianisme, à travers le grec du Nouveau et de l’Ancien Testament (Septante) – ainsi que, dans une moindre mesure, ceux de la philosophie grecque (y compris l'hermétisme), du manichéisme, etc.

Des emprunts à l'arabe, mais en bien moins grand nombre - environ 400 termes -, sont présents dans les textes coptes à partir du IXe siècle ; la plupart est limitée au vocabulaire technique (médical, arithmétique, métrologique, alchimique), et aux textes magiques qui peuvent avoir été influencés par ou traduits à partir d'originaux en arabe. Un ensemble, plus modeste, concernant la terminologie juridique et administrative de l'arabe, se retrouve dans les textes documentaires tardifs, ainsi que quelques mots relatifs aux produits de consommation courante (navires et tissu), ces derniers se référant probablement à certains articles de luxe (Vycichl 1991; Richter 2006, 2009). Les mots importés de l’arabe sont presque totalement absents des textes littéraires, avec une seule exception, le Martyre de Jean de Phanijoit, texte du XIIIe siècle (Krueger 2015).

Écriture

Alors que les anciennes formes de l’égyptien sont écrites dans diverses écritures natives - hiéroglyphique, hiératique, démotique et hiératique anormal -, le copte est écrit sous une forme modifiée de l'alphabet grec. Bien que quelques textes coptes se limitent aux 24 lettres de l'alphabet grec, la plupart des textes dans cette langue utilisent, en plus de celles-ci, un certain nombre de lettres venant du démotique, mais adaptées pour ressembler à des lettres grecques. Le dialecte sahidique utilise six lettres supplémentaires (shai ϣ; fai ϥ; hori ϩ; djanja ϫ; kjima ϭ; ti ϯ), alors que les lettres supplémentaires sont utilisées dans les deux dialectes bohairique (hori barré ⳉ) et akhmimique (khai ϧ); d'autres lettres sont utilisés dans quelques textes de la première période copte, du premier au quatrième siècle de notre ère. En outre, un certain nombre de signes diacritiques existent en copte, dont les plus importants sont l’accent au-dessus de la ligne ( (̅), probablement utilisé pour indiquer soit un schwa précédant la lettre, soit une consonne autosyllabique, et le djinkim (‘), utilisé dans le bohairique et le mésokemique pour indiquer les consonnes et les voyelles autosyllabiques. L'alphabet copte standard a donc 31 ou 32 lettres, mais, étant donné que le nombre de phonèmes dans la langue est plus petit que ceci (22 pour le sahidique; Layton 2000) plusieurs lettres sont des monogrammes (ⲑ = /t/+/h/) ou des variantes du même phonème (ⲕ, ⲅ = /k/).

La prononciation des lettres grecques en copte et, dans une plus large mesure l'orthographe des mots grecs dans les textes coptes, diverge souvent du grec classique. Certains de ces changements sont dus à des modifications internes au grec, et, dans certains cas, plus précisément aux particularités du grec koinè parlé en Egypte, tandis que d'autres sont dus à l'interaction des systèmes phonologiques du grec et de l’égyptien - par exemple, la présence de contraste entre les consonnes voisées et non voisées en grec, phénomène linguistique qui ne s’actualise pas en égyptien (Horrocks 1997; Torallas Tovar 2010).

Il est également intéressant de mentionner ici l’exemplaire unique d’une texte copte écrit en arabe, qui s’agit d’hymnes en l’honneur de la Vierge Marie. Ce manuscrit n’est pas daté, mais est probablement assez tardif (Galtier 1906).

Étendue chronologique et géographique

Le copte est attesté comme langue écrite dans toute la vallée du Nil, de la Nubie au Delta, ainsi que dans le Fayoum et les oasis occidentales ; en tant que langue parlée, il existait sans doute dans une genre de langue équivalent.

Chronologiquement, il est difficile de donner un début précis au copte. D'un point de vue syntaxique, un grand nombre de constructions caractéristiques du copte sont présentes dans les textes démotiques tardifs. Si le copte est défini par son utilisation de l'alphabet grec, les premiers textes en égyptien translittérés en grec existent dès le IIIe s. avant notre ère. Mais le commencement que l’on peut admettre le mieux pour le copte se repère dans les textes écrits dans une langue appelée « Vieux copte » où une douzaine d'exemples de textes en égyptien sont écrits en alphabet grec, complété par une série de lettres démotiques dont certaines ont évolué plus tard dans les graphèmes coptes standards. Ces textes présentent une gamme hétérogène de caractéristiques dialectales. Quant à leur contenu, il les place dans le domaine des cultes égyptiens traditionnels : ce sont des étiquettes de momie, des gloses de textes hiératiques et démotiques et des manuscrits astrologiques et magiques. Des exemples de ces textes sont attestés du Ier au IVe siècle de notre ère. Les textes écrits dans les dialectes coptes standardisés, généralement associés avec le christianisme, sont attestés aux environs de 300 PC, avec les premières traductions de la Septante. Un exemple d'un texte intermédiaire entre ces deux groupes - soit « païen », Vieux copte / « chrétien », copte standard - peut être trouvée dans P. Bodmer VI, un ancien codex en parchemin contenant une partie du Livre des Proverbes, mais pourvu d’une riche palette de caractères comparables aux textes en Vieux copte. Dans ses débuts, le copte existait à côté du néo-moyen égyptien écrit en hiéroglyphes (dernière attestation au IVe siècle), et démotique (dernière attestation au Ve siècle).

Bien qu'il n'ait jamais été la langue dominante de l’administration de l'Égypte, le copte a perduré en tant que langue parlée et écrite tout au long des époques romaine et byzantine, et longtemps après la conquête arabe. En effet, malgré la conquête arabe de l'Égypte en 641 PC, du VIIe au VIIIe siècles, on a une période très productive pour les textes littéraires et documentaires en copte. De manière significative, le IXe siècle a vu le sahidique, qui fut précédemment le dialecte littéraire prédominant, supplanté par le bohairique, le dialecte du Delta. Les derniers textes littéraires importants en copte ont été écrits au début du XIVe siècle PC. Le dialecte bohairique reste à ce jour la langue liturgique de l'Église copte orthodoxe, et le copte est actuellement généralement considéré comme une langue morte. Sa disparition en tant que langue parlée est difficile à dater à ce jour ; les estimations les plus pessimistes mettant cette disparition dès 1100 (Zakrzewska 2014), et les plus optimistes la voyant survivre dans des régions reculées de Haute-Égypte encore au XVIIe siècle, ou même plus tard (Peust 1999) ; quelques Coptes modernes considèrent qu’ils parlent couramment cette langue, et il y a des efforts en cours en faveur d’une renaissance de la langue copte.

Valeur symbolique

Ewa Zakrzewska (2014) identifie trois grandes périodes symboliques de la langue égyptienne dans sa phase copte. Son importance originelle provient de son statut de langue littéraire alternative, remplaçant le grec, en particulier dans le milieu monastique qui a pesé lourd dans le paysage religieux de l'Égypte. Après la conquête arabe, il a développé graduallement une nouvelle valeur symbolique en tant que langue de la liturgie orthodoxe copte, un « langage des cieux ». Dès la fin du XVIe siècle, la « redécouverte » du copte par les savants européens, lui a donné une autre signification, celle de « langue originale des pharaons » dont l'étude a conduit aux premières étapes du déchiffrement des de la langue égyptienne. Plus récemment, le statut du copte comme la « langue des pharaons » est devenu important au sein de pharaonisme, cette idéologie nationaliste égyptienne qui situe l’identité égyptienne, ou plus précisément encore, copte, dans le passé pharaonique.

Aujourd'hui, la langue copte est associée à l'Église copte orthodoxe miaphysite, l'une des Églises qui a rejeté la décision du Concile de Chalcédoine en 451, lequel professait que Jésus détenait deux natures, l'une humaine, l'autre divine. Pour les coptes, le Jésus, incarné a une seule nature, à la fois divine et humaine (Awad et Moawad 1991). Mais le lieu commun selon lequel il y aurait une dichotomie claire entre, d’une part, des locuteurs du copte professant la doctrine monophysite et, d’autre part, les locuteurs du grec adhérant au dogme chalcédonien est probablement trop simpliste. De même que les dichotomies Égyptiens autochtones coptes / Grecs étrangers ; rural / urbain ; paysans / membres de l’élite. Le lien décisif entre la langue et l'Église coptes semble dater plus ou moins de la période de la conquête arabe, quand le grec a disparu en tant que langue parlée - bien que l'Église copte conserve jusqu'à nos jours certaines sections grecques dans sa liturgie. Les attestations papyrologiques et littéraire témoignent de l'existence de communautés rurales de la chora égyptienne utilisant le grec, ainsi que de communautés égyptiennes parlant le copte dans les villes, sans parler du grffand nombre de personnes bilingues, appartenant à la fois à l'élite et à d’autres milieux. Les données indiquent également que la décision d'utiliser le grec ou le copte dans une situation donnée était plus complexe que le simple référent à l'identité immédiate, qu’elle fût ethnique ou religieuse ou au statut social (Wipszycka 1992).

Corpus pour l'étude de la paix

À l'heure actuelle le copte manque d’un corpus de recherche en ligne comparable à ceux qui existent pour le grec, le latin, ou des formes plus anciennes de l’égyptien. Néanmoins, des listes non exhaustives d’attestations de mots individuels peuvent être trouvées dans les grands dictionnaires, principalement celui de Crum (1939), avec ses compléments par Kasser (1964), pour les mots égyptien origine, et celle de Förster (2002) pour mots importés du grec. Des éditions des Bibles sahidique et bohairique sont disponibles, avec des concordances, ainsi qu’une grande partie du corpus de Chénouté. La création de corpus en ligne fait l'objet de plusieurs projets en cours: Coptic Scriptorium est un projet de collaboration contenant des textes littéraires, patristiques et bibliques richement annotés, pendant que les textes documentaires coptes sont progressivement ajoutés à la base de données Papyrological Navigator dont les textes sont majoritairement en grec. Des projets similaires sont à venir, avec, à l'heure actuelle le Thesaurus Linguae Aegyptiae, axé sur le Moyen égyptien et le démotique. Malgré le manque de ressources informatisées, l’accès à la documentation en copte est assuré par le nombre important et sans cesse croissant d'éditions papyrologiques .

Évolution de la langue et variations idiomatiques

Une particularité importante du copte est l’existence d'un grand nombre de dialectes distinctifs. Les plus importants d'entre eux sont les « dialectes du sud » : le sahidique (régulièrement abrégé en S), l’akhmimique (A), et le lycopolite (L ou A2, également connu comme le « subakhmimique »), et les «dialectes du nord » : bohairique (B), fayoumique (F) et mésokémique (M), également connu comme « moyen égyptien »). À côté de ces grands groupes, on trouve plus d'une douzaine de dialectes mineurs, généralement des variantes ou des versions non standard des principaux dialectes. Bien qu'il ait été suggéré que les dialectes peuvent avoir uniquement représenté les différentes normes écrites, la variation dans le vocabulaire et la morpho-syntaxe aux côtés de l'orthographe suggèrent que, au moins quelques-unes des différences apparentes, représentent une réelle variation dialectale. Les dialectes sont généralement associés à des zones géographiques particulières au sein de l'Égypte, à l'exception du sahidique qui peut représenter un dialecte véhiculaire, un langage standard quelque peu artificiel, avec des caractéristiques à la fois du Nord et du Sud, utilisés pour la communication à travers les frontières dialectales (Funk, 1988). Les variations dialectales en copte existaient probablement dans les formes antérieures de l’égyptien, mais elles ont généralement été occultées par le système d'écriture; le phénomène phonologique du lambdacisme (échange des sons /l/ et /r/), caractéristique de l'égyptien du Fayoum, qui se manifeste dans de nombreux textes en démotique de cette région, représente une exception. Néanmoins, les commentaires présents dans les textes littéraires anciens, à propos des difficultés qu’avaient les Égyptiens des différentes parties du pays à s’inter-comprendre, sont évocateurs de cette préhistoire des dialectes.

Le changement diachronique en copte reste un sujet à étudier en profondeur. De toute évidence, il y a des modifications visibles dans le vocabulaire, l'orthographe et la prononciation ; le changement grammatical reste difficile à décrire clairement (mais voir Grossman 2010). En termes de vocabulaire, on peut noter l'augmentation des termes grecs entre le Vieux copte et le copte standard, le traitement changeant des mots empruntés au grecs, et l'adoption ultérieure du vocabulaire arabe et parfois de la phraséologie de cette langue. En termes d'orthographe, nous pouvons noter le traitement irrégulier croissant de mots grecs dans les textes tardifs. En termes de prononciation, il y a des suggestions de modifications de prononciation sur la période où le copte a été une langue écrite productive. Mais le changement le plus clair est la réforme de la prononciation opérée par le pape Cyril IV (1854-1861) - une des maintes réformes éducatives entreprises par ce patriarche - dans laquelle la prononciation liturgique du bohairique a été modifiée pour se conformer à la prononciation du grec moderne.

Vecteurs d’influence culturelle et types de textes

Une large gamme de textes, idiosyncrasique, survit en copte. Le fait que, d’abord le grec, et, plus tard, l'arabe, ont été les langues administratives et littéraires prédominantes en Égypte, signifie que le copte a eu relativement peu de textes purement politiques ou littéraires. Mais le climat égyptien a conservé un nombre presque sans précédent de textes documentaires. Les marqueurs évidents de la culture égyptienne préchrétienne « pharaonique » - les références aux divinités traditionnelles, aux prêtres et aux rois - sont généralement absents dans les textes coptes, bien que des exceptions notables existent dans les textes en Vieux copte et dans certains matériaux magique. La continuité avec la tradition égyptienne préchrétienne réside souvent dans des pratiques culturelles moins explicites, liées à la vie de l'individu, de la famille et de la communauté agricole - traditions portant sur l'accouchement, les menstruations, la guérison, et la crue du Nil, par exemple, qui sont attestés indirectement dans des textes. La continuité avec les traditions culturelles grecques et romaines s’expriment non seulement dans la matière littéraire et philosophique qui se trouve dans les plus anciens textes, mais, dans une plus large mesure, dans les textes juridiques qui présentent un mélange de grec, romain / byzantin, et des traditions juridiques autochtones égyptiennes.

Malgré l'association de la langue copte avec l'Église orthodoxe copte, un certain nombre de textes importants, provenant d'autres traditions religieuses sont également attestés parmi les documents arrivés jusqu’à nous. À côté des productions de la tradition religieuse polythéiste traditionnelle en Vieux copte, la littérature religieuse et les textes documentaires témoignent de l’existence de communautés manichéennes à la fois à Medinet Madi et à Kellis, ainsi que de l'existence de traditions chrétiennes non – orthodoxes, généralement classés comme «gnostique», et qui sont représentés par la bibliothèque de Nag‘ Hammadi, ainsi que par les codex Bruce, Askew, Tchacos et Berlin. Bien qu'une grande partie de la matière gnostique soit d'inspiration judéo-chrétienne, une petite quantité représente la philosophie grecque (par exemple l'extrait de la République de Platon dans le codex VI de Nag‘ Hammadi), ainsi que le traité d’Hermétique gréco-égyptien (ainsi, une section de l’Asclépios, dans le même codex). La plupart, sinon la totalité de ce matériau, a été traduite du grec ou du syriaque dans le cas des textes manichéens.

Les livres de la Bible, également traduits du grec, sont parmi les premières œuvres attestées en copte. La totalité de l'Ancien et du Nouveau Testament, y compris plusieurs livres apocryphes, survivent en sahidique, et les projets de recherche sont actuellement en voie de produire des éditions complètes de ces textes (Richter 2009; Behlmer et al. 2015). Une Bible en bohairique, même si certains livres de l'Ancien Testament lui manquent, existe aussi, normalisée au IXe siècle, et le matériel biblique existe dans les principaux dialectes. À côté de la Bible, plusieurs traductions en copte des œuvres des apôtres ainsi que des textes patristiques, sont connues, de même que des textes patristiques autochtones, avec les plus importants auteurs anciens que sont les fondateurs du monachisme égyptien Pachôme, le père du monachisme cénobitique et Chénouté, l'archimandrite du monastère Blanc et auteur le plus prolifique dont les textes soient parvenus jusqu’à nous, en langue copte. D'autres œuvres religieuses comprennent la littérature homilétique, des épîtres littéraires, des histoires ecclésiastiques, des martyrologes et de l’hagiographie, ainsi que des textes liturgiques, y compris de la poésie liturgique. Sont conservés, également en copte, deux romans littéraires non-religieux, une version partielle du Roman d'Alexandre, et le Roman de Cambyse.

Il faut également noter un certain nombre de textes « pré- scientifiques» importants : médicaux, alchimiques, arithmétiques, ainsi que des travaux philologiques ; les scalae sont décisives pour les études lexicographiques comparatives, de même que les dictionnaires de copte, d’arabe, et parfois de grec, écrits entre les XIIe et XIVe siècles. Un nombre significatif de textes magiques a survécu, à la fois des formulaires donnant des instructions pour des rituels, et des textes documentaires attestant des pratiques réalisées, aux côtés de demandes oraculaires faites dans les tombeaux des saints, et des oracles des tirages au sort des postes politiques.

La dernière grande catégorie, celle des textes documentaires, donne un aperçu important sur la vie et les préoccupations des femmes et des hommes en dehors des élites lettrées, habituellement plus visibles dans les sources écrites. Ce groupe de textes comprend des lettres, des manuels scolaires et des textes juridiques (lesquels comprennent la vente, le prêt et les contrats commerciaux, les testaments, les reçus et les documents fiscaux). En plus de ces textes, généralement écrits sur papyrus, parchemin, et ostraca, nous trouvons des inscriptions funéraires, généralement sur des stèles et des graffitis.

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